Le 02/06/2026
Le deuxième trimestre 2026 confirme une tendance déjà perceptible depuis le début de l'année : le marché immobilier repart progressivement, mais sans emballement. La reprise existe, les acquéreurs sont présents, les projets reviennent, mais le contexte reste suffisamment incertain pour freiner les décisions.
Après un premier trimestre plus encourageant, le printemps a laissé apparaître un marché plus contrasté. Les Notaires de France relèvent une amélioration de transactions dans l'ancien, avec 958 000 ventes sur douze mois à fin février 2026, contre un point bas de 832 000 ventes en septembre 2024, soit une progression d'environ +11 % sur un an. Cette reprise est réelle, mais elle reste qualifiée de mesurée par les professionnels du secteur.
Une reprise freinée par le retour de l'incertitude sur les taux
Le principal sujet du trimestre concerne le financement. Après plusieurs mois plus favorables, les taux de crédit immobilier montrent des signes de remontée. Selon CAFPI, les taux moyens constatés en mai 2026 s'établissent à 3.20 % sur 15 ans, 3.33 % sur 20 ans et3.43 % sur 25 ans. Cette légère hausse est liée notamment à la remontée de l'OAT 10 ans au-dessus de 3.70 % et aux tensions géopolitiques, en particulier au Moyen-Orient.
Concrètement, cela change l'état d'esprit des acquéreurs. Les dossiers restent finançables, les banques continuent d'accompagner les bons profils, mais les acheteurs sont plus attentifs à leur capacité d'emprunt, à leur mensualité finale et à leur marge de négociation. Le crédit redevient donc un élément central de la décision d'achat.
Un printemps moins fluide qu'espéré
Le printemps est habituellement une période forte pour l'immobilier : plus de visites, plus de lumière, davantage de projections familiales avant l'été et la rentrée. Mais le 2e trimestre 2026 n'a pas suivi une dynamique parfaitement linéaire.
MeilleursAgents évoque une reprise à deux vitesses, avec un marché qui redémarre de façon inégale selon les territoires, les villes et les typologies de biens. Le portail souligne également que le printemps peine à trouver son rythme, dans un contexte marqué par la remontée des taux et les incertitudes géopolitiques.
À cela s'ajoute un mois de mai particulièrement morcelé. En 2026, le calendrier concentre plusieurs jours fériés : vendredi 1er mai, vendredi 8 mai, jeudi 14 mai pour l'Ascension puis le lundi 25 mai pour la Pentecôte. Ce rythme, très propice aux ponts et week-ends prolongés, a naturellement ralenti les visites, les relances, les arbitrages bancaires et certaines prises de décision.
À Paris, les municipales ont renforcé l'attentisme
À Paris, un autre facteur s'est ajouté : les élections municipales de mars 2026. Même si elles ne bloquent pas directement le marché, elles ont alimenté une forme d'attentisme, notamment chez certains investisseurs ou propriétaires aux sujets de fiscalité locale, d'encadrement des loyers, de rénovation énergétique, de logements vacants ou de politique du logement.
Plusieurs analyses ont souligné que le logement était devenu un sujet central de la campagne parisienne, dans un contexte déjà tendu pour l'immobilier : prix élevés, passoires thermiques, encadrement locatif, transformation des bureaux, PLU bioclimatique et évolution des usages résidentiels.
Dans les faits, cela peut pousser certains acteurs du marché à attendre davantage de visibilités avant de vendre, d'acheter ou d'investir.
Des acquéreurs présents, mais beaucoup plus sélectifs
Le 2e trimestre 2026 n'est donc pas un trimestre d'arrêt, mais un trimestre d'ajustement. Les acquéreurs sont là, mais ils avancent avec prudence. Ils comparent davantage, négocient plus facilement et regardent avec attention le prix, le DPE, les charges, les travaux, le plan et la qualité de l'emplacement.
Les biens bien situés, bien présentés et proposés à un prix continuent de susciter l'intérêt. En revanche, les biens surestimés ou présentant des défauts marqués peuvent voir leur délai de commercialisation s'allonger.
À Paris, et particulièrement dans le 16e arrondissement, l'emplacement reste un critère déterminant. Mais il ne suffit plus à lui seul. Aujourd'hui, la qualité du positionnement prix est essentielle dès la mise en vente.
Ce qu'il faut retenir du 2e trimestre 2026
Le marché immobilier du 2e trimestre 2026 peut se résumer ainsi : une reprise bien présente, mais freinée par trois facteurs majeurs.
D'abord, les taux de crédit montrent des signes de tension après plusieurs mois plus favorables. Ensuite, le contexte politique parisien, notamment autour des municipales, a renforcé l'attentisme sur certains sujets. Enfin, le mois de mai, très morcelé par les ponts et jours fériés, a ralenti le rythme naturel du marché.
Pour les vendeurs, cela signifie qu'un projet reste tout à fait réalisable, à condition d'être bien conseillé et de ne pas surestimer son bien. Pour les acquéreurs, cela peut créer des opportunités, notamment sur les biens nécessitant des travaux ou affichés depuis plusieurs semaines.
En résumé, le 2e trimestre 2026 n'est ni un marché bloqué, ni un marché euphorique. C'est un marché plus exigeant, plus sélectif où la justesse de l'estimation et la qualité de l'accompagnement font toute la différence.
Pour mieux comprendre les termes utilisés dans cet article et les principaux enjeux du marché immobilier au 2e trimestre 2026, voici quelques réponses aux questions les plus fréquentes.