Les droits de mutation, souvent désignés comme « frais de notaire », connaissent un ajustement d'envergure. Cette mesure, estimée à un milliard d'euros, pourrait influencer un marché immobilier déjà fragile, notamment à Paris et dans des secteurs prisés comme le 16e arrondissement. Face aux vives critiques du secteur immobilier et aux débats politiques, Michel Barnier a décidé de tempérer cette réforme controversée.
La semaine dernière, le Premier ministre a annoncé une hausse du plafond des frais de notaire de 0,5 point pour une durée de trois ans, ce qui équivaut à une augmentation de 1 250 euros pour un bien portant à 250 000 euros. Cependant, les primo-accédants, souvent essentiels pour dynamiser l'immobilier local, bénéficieront d'un abattement que les départements peuvent appliquer, a précisé Matignon au Figaro .
Malgré son apparence modérée, cette hausse représente une contrainte supplémentaire pour de nombreux ménages, particulièrement les jeunes acheteurs. Ces derniers, déjà confrontés à une augmentation de la taxe foncière et à la réapparition potentielle de la taxe d'habitation, voient leurs projets immobiliers de plus en plus complexes. Comme le souligne Maël Barnier, porte-parole de Meilleurtaux : « Une hausse de 1 250 euros peut sembler marginale, mais pour de nombreux primo-accédants, c'est un obstacle de taille. »
Cette mesure impacte surtout les jeunes acheteurs dans des quartiers recherchés, comme le 16e arrondissement de Paris, où l'immobilier reste un enjeu stratégique. Avec des apports souvent limités, ils peinent à couvrir ces frais rarement pris en charge par les banques. « Cela complique encore davantage l'accès à la propriété pour les primo-accédants, un segment déjà fragilisé », ajoute Maël Barnier.
À noter que cette réforme n'est pas encore définitive : le Conseil constitutionnel pourrait l'invalider, invoquant les principes d'égalité fiscale inscrits dans la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789. Une décision à surveiller de près pour les acteurs de l'immobilier parisien et les futurs acquéreurs.